Colloque international
Montréal – 12, 13 et 14 mai 2025

Julien Le Bour

MERCREDI 14 MAI — 14:20 à 14:35

Projet d’Éducation artistique et culturelle et sens communs : Des initiatives locales rendues possibles par une politique publique ou un agir commun culturel et éducatif autorisant de nouvelles relations, pratiques et œuvres communes

En France, l’EAC est un terme générique désignant une politique publique transversale, à la fois culturelle et éducative, nationale et territorialisée, qui a évolué depuis les premières formes embryonnaires des années 1970 (Le Bour, 2024). Durant l’été 2024, l’exposition La nuit tombe sur l’Europe de Samuel Bollendorff a été programmée par le service culturel de la ville de Guingamp. Cet évènement a été l’occasion, pour un enseignant d’arts plastiques, de développer un projet partenarial d’éducation artistique et culturelle (EAC) de proximité à destination des élèves.

Ce projet a permis aux jeunes de collaborer avec un photographe reporter sur le thème de l’exil et de restituer publiquement leur production. Dans le cadre de notre observation participante, nous avons constaté que ce projet d’EAC se déploie selon les modalités actives des communs (Jourdain, 2021). Il a généré une communauté d’action entre les adultes professionnels et les élèves amateurs, tels des commoners, partageant des ressources (financières, informationnelles, humaines et techniques) et un engagement dans un espace temporaire et autonome (Cornu et al., 2021). De plus, le concept d’Ubuntu (Murove, 2011), d’ordre éthique et pratique, fondé sur l’interdépendance et la coopération, apporte une lecture complémentaire à cette étude. En effet, les participants ont expérimenté la responsabilisation et la solidarité pratique, dans un projet articulant l’agir, le savoir et les valeurs sociétales. Enfin, ce projet culturel et éducatif s’inscrit dans une politique favorisant la responsabilité et les initiatives locales (Bordeaux, 2017), soutenue par un système de gouvernance polycentrique (Ostrom, 1990) qui permet une flexibilité et une adaptation de l’action en fonction du contexte territorial et de ses forces vives. Selon nous, l’EAC, en tant que « dispositif administratif et politique » (Jonchery & Octobre, 2022), peut constituer une alternative agissante et institutionnalisée de formation aux communs.

Bibliographie

Bordeaux, M-C. (2017). Pour la généralisation de l’éducation artistique et culturelle… par les
territoires. NECTART, 4(1), 57-65.
Cornu, M., Orsi, F. et Rochfeld, J. (dir.). (2021). Dictionnaire des biens communs, Presses
Universitaires de France
Jonchery, A., & Octobre, S. (2022). L’éducation artistique et culturelle : Une utopie à l’épreuve
des sciences sociales. Ministère de la Culture – DEPS.
Jourdain, E. (2021) Les Communs. Presses Universitaires de France
Murove, M. (2011). L’Ubuntu. Diogène, n° 235-236(3), 44-59.
Dardot P. et Laval, C. (2014) Commun. Essai sur la révolution au XXIe siècle, La découverte
Le Bour, J. (2024) . Une transmission citoyenne. NECTART, N° 18(1), 72-81.
Ostrom, E. (1990). Governing the commons: The evolution of institutions for collective action.
Cambridge University Press.


Doctorant de quatrième année, en situation professionnelle à l’Institut National Supérieur de l’Education Artistique et Culturelle (INSEAC) du Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), professeur d’arts plastiques au Lycée Auguste Pavie à Guingamp (22), membre du DICEN-IDF (Dispositif d’Information et de Communication à l’Ere Numérique – Ile de France). Son axe de recherche s’intéresse à évaluer depuis par une situation d’observation participante, la contribution de l’EAC aux enjeux de citoyenneté.

À propos

Le colloque est organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l'information et la société (CRICIS)