Mauro Cerbino
MARDI 13 MAI — 15:45 à 16:00
Au XXIe siècle, le développement des technologies, l’utilisation d’Internet et la numérisation sont devenus souverains, capables de séduire des millions d’habitants immergés dans la téléphonie mobile et l’intelligence artificielle, autant ou plus que la pénétration des médias électroniques de la modernité. Dans le domaine de la communication, notamment dans le travail quotidien des organisations et mouvements sociaux, ainsi que dans son émanation dans la constitution des radios communautaires, indigènes et afro-américaines en Amérique latine, le rôle de la technologie serait essentiel s’il devait rester au niveau du « simple instrumental ». La proximité, la cohésion sociale, la communalité, le renforcement de l’identité et de la culture, la capacité de résistance émanant du territoire, pourraient être étrangers aux autres dimensions risquées de l’internet incarnées par les outils numériques qui instrumentalisent, avec lesquels on veut installer l’idée que l’évolution des sociétés numériques contribuerait à de nouvelles capacités de participation démocratique et d’ » autocommunication de masse » (Castells 2009). Mon hypothèse est que les nouvelles technologies ne sont pas la condition d’une communication plus autonome et plus efficace, étant donné que, de plus, si cela devait se produire, ce serait essentiellement à l’échelle individuelle, mais plutôt la construction des biens communs de la communication, ses dimensions collectives et politiques telles que la constitution de femmes radiodiffuseurs, de jeunes médiateurs et gardiens de la terre, de l’oralité et de l’appartenance au territoire.
Mauro Cerbino est docteur en anthropologie urbaine. Il est professeur à Flacso Ecuador. Il est actuellement directeur du master en communication et opinion publique à Flacso Ecuador. Ses recherches portent sur les études sur la jeunesse, en particulier sur la violence juvénile, et sur les médias et la politique, en particulier sur la communication des biens communs et les médias communautaires. Il est l’auteur de plus de 80 articles scientifiques, y compris des livres académiques et des articles de journaux. Parmi ses publications les plus récentes, citons: “Estudiar la comunicación desde América Latina. El desafío de preservar lo humano en la era del algoritmo”. (2024), Chasqui. Revista latinoamericana de comunicación. “Juventude equatoriana em uma pandemia. Tempo e espaço fraturados. (2023), Civitas, Revista de Ciencias Sociais. Le livre : Por una comunicación del común, medios comunitarios, proximidad y acción (2018). Quito: Ciespal.