Consuelo Vásquez, Gabriela Rabello, Hoàng Khâm Nguyễn, Sendy-Loo Emmanuel et Rosa Elena Alvarez Cruz
MERCREDI 14 MAI — 16:45 à 18:00
Cet atelier et l’installation qui l’accompagne présentent les apprentissages et questionnements liés au projet de recherche (en cours) “ Au-delaÌ du bénévolat, la relationaliteì: Comment s’organise l’entraide dans les marges?” et plus particulièrement le volet touchant les réseaux d’entraide informels qui émergent en contexte migratoire. À travers les expériences de personnes migrantes au Québec cette recherche problématise les violences symboliques et discriminations exercées par les dispositifs institutionnels des sociétés d’accueil, en mettant l’accent sur la solidariteì qui naît entre personnes migrantes et alliées. L’étude s’intéresse ainsi aÌ ces dynamiques d’entraide réciproque, que nous abordons à travers des notions comme le Buen Vivir, qui prône une relationnaliteì globale, et le quilombismo, qui valorise la résistance collective face aux oppressions.
Méthodologiquement, l’approche adoptée s’inscrit dans une perspective situationnelle qui évite une vision figée des marges. En reconnaissant les migrant·e·s comme des acteurs et actrices clés de la solidariteì, cette recherche contribue aÌ combler un vide dans la littérature sur l’entraide. Elle éclaire également des pratiques alternatives qui échappent aux logiques marchandes et soulignent l’importance des liens humains dans la survie et l’intégration des communautés migrantes. Un accent particulier est mis dans l’exploration de modes affectifs et créatifs de production de connaissance, tels que l’Art Based Research.
Cet atelier sera l’occasion de partager la démarche de recherche, ainsi que quelques résultats préliminaires et réflexions autour de l’entraide en contexte migratoire. Une place centrale sera donnée aux récits de personnes migrantes participantes à la recherche.
Nous vous invitons à visiter une installation située dans l’Atelier de Chronotopies urbaines (Pavillon Maisonneuve, 407, Boul. de Maisonneuve), idéalement avant l’atelier, pour vivre une expérience sensible du commun.
Acosta Espinosa, A. (2008). El buen vivir, una oportunidad por construir. Revista Ecuador Debate, (75), 3348.
De Marzo, G. (2010). Buen vivir: Para una democracia de la tierra. Plural editores.
Dudgeon, P. et Bray, A. (2019). Indigenous Relationality: Women, Kinship and the Law.
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Cruz, J. (2014). Memories of trauma and organizing: Market women’s susu groups in postconflict Liberia. Organization, 21(4), 447462. https://d oi.org/10.1177/1350508414527254
Cruz, J. (2015a). Dirty Work at the Intersections of Gender, Class, and Nation: Liberian Market Women in Post-Conflict Times. Women’s Studies in Communication, 38(4), 421439. ht t ps://d oi.org/10.1080/07491409.2015.1087439
Cruz, J. (2015b). Reimagining Feminist Organizing in Global Times: Lessons from African Feminist Communication, 11(38), 2348.
Cruz, J. (2017). Invisibility and Visibility in Alternative Organizing: A Communicative and Cultural Mod el. Management Communication Quarterly, 31(4), 614639. https://d oi.org/10.1177/0893318917725202
Cruz, J. M., & Sodeke, C. U. (2021). Debunking eurocentrism in organizational communication theory: Marginality and liquidities in postcolonial contexts. Communication Theory, 31(3), 528-548.
Imas, J. M. et Weston, A. (2012). From Harare to Rio de Janeiro: Kukiya-Favela organization of the excluded. Organization, 19(2), 205227. https://doi.org/10.1177/1350508411429397
Miltenburg, E., Neufeld, H. T., & Anderson, K. (2022). Relationality, Responsibility and Reciprocity: Cultivating Indigenous Food Sovereignty within Urban Environments. Nutrients, 14(9), 1737
Nascimento, A. (1980). O Quilombismo: Documentos de uma militância pan-africanista. V ozes
Tynan, L. (2021). What is relationality? Indigenous knowledges, practices and responsibilities with kin. cultural geographies, 28(4), 597610. https://doi.org/10.1177/14744740211029287
Sassen, S. (2014). Expulsions: Brutality and complexity in the global economy. Harvard University Press
Cette table ronde et le projet de recherche-action duquel elle est issue se basent sur une profonde collaboration entre les co-autrices et le co-auteur, ainsi que les personnes participantes. Le savoir qui s’en dégage est collectif. Nous proposons le nom collectif de « Les veilleurs/veilleuses de monarques » pour nous identifier et avons opté pour l’ordre alphabétique de nos prénoms, sachant toutefois que ce choix est arbitraire et que d’autres alternatives auraient pu être prises. Le terme monarque fait ici référence aux papillons qui migrent entre Mexique et le Canada. D’apparence fragile, ces insectes parcours environ 5000 km en deux mois s’adaptant aux intempéries, à l’action humaine et aux changements climatiques. Les personnes participantes à notre recherche-action, tous.tes des migrant.es, comme nous, sont à nos yeux des monarques.
Les veilleurs/veilleuses de monarques :
Consuelo Vásquez (ella), migrante Latina vivant au Canada depuis plus de vingt ans, professeure au département de communication sociale et publique de l’UQAM. Ses recherches portent sur les perspectives constitutives de la communication organisationnelle, qu’elle développe par des approches ethnographiques et participatives en collaboration avec des partenaires de la société civile. Fervente promotrice des contributions latino-américaines dans le domaine de la communication organisationnelle, elle est cofondatrice de la Red Latinoamericana de Investigación en Comunicación Organizacional (RedLACo) et mène des recherches sur le développement des perspectives latino-américaines d’un point de vue féministe décolonial. Elle est également co-fondatrice du Groupe de recherche sur la communication organisante (RECOR) et chercheure principale du projet “Entraide dans les marges,” financé par le Conseil de Recherches en Sciences Humaines du Canada.
Gabriela Rabello (elle/iel), doctorante et maître en communication (com. internationale et interculturelle) à l’UQAM. Elle a fait son baccalauréat en gestion à l’Université Fédérale du Rio Grande do Sul (Brésil). Ses intérêts de recherche portent sur la violence de genre liée à la migration, les politiques étrangères et la communication organisationnelle. Afrolatine et militante, elle est co-fondatrice de l’Institut LetraPreta (une OBNL brésilienne engagée dans la promotion de la littératie noire au sein des écoles publiques). Étudiante membre du Groupe de Recherche sur la Communication Organisante (RECOR/UQAM), de l’Institut de recherches et d’études féministes (IREF/UQAM) et de la Red Latinoamericana de Investigación en Comunicación Organizacional – Red LAco.
Hoàng Khâm Nguyễn (il/lui) : « Boat people », c’est le terme poétique qu’on attribue à ces individus qui fuient, entassés, à bord de paquebots ou d’embarcations de fortune vers un ailleurs promettant un meilleur avenir, mais dont la traversée, longue et périlleuse, ne garantit pas pour autant d’arriver à bon port. Réfugié sans racine géographique, cet ancien demandeur d’asile qui endossera toute sa vie les rôles d’immigrant, d’immigré, de main-d’œuvre bon marché, de citoyen, de minorité visible, de virus, ou de menace n’est, en réalité, qu’un simple être humain qui rêve d’un monde moins divisé où l’entraide et la bienveillance seraient encore désintéressées.
Rosa Elena Alvarez Cruz. Je m’appelle Elena, originaire du Mexique, et je suis arrivée au Québec il y a deux ans avec ma famille à la recherche de nouvelles opportunités. Mon parcours migratoire m’a confrontée aux défis de l’intégration professionnelle, m’obligeant à réorienter ma carrière après une expérience dans l’éducation. Ce processus m’a appris la résilience et l’adaptabilité. Actuellement, je travaille chez Justice Pro Bono, dans le cadre du projet de soutien aux travailleurs étrangers temporaires. J’oriente ces travailleurs sur leurs droits et les ressources disponibles. Mon parcours migratoire m’apporte une perspective unique et une grande sensibilité face à leurs défis. Je suis convaincue que chaque personne mérite d’être traitée avec dignité et que mon travail peut véritablement faire une différence.
Sendy-Loo Emmanuel est artiste, travailleuse culturelle et doctorante en communication. Ayant d’abord exploré la danse, puis les arts visuels, elle a fait de ces derniers son principal vecteur de communication. Fondatrice de l’organisme WECAN, elle soutient le développement et la professionnalisation des artistes afrodescendant·es. Forte de 16 ans d’expérience en finance, arts visuels et de la scène, elle conjugue expertise culturelle et gestion stratégique. Diplômée en infographie, en administration des affaires et titulaire d’un MBA en conseil en management, elle est consultante en management certifiée et est membre de l’Ordre des administrateurs agréés. Elle est également membre du CELAT, de l’OMEC et du GERACII, affirmant ainsi son engagement dans la recherche et les milieux culturel.