Naomie Décarie-Daigneault, Jacquelyn Hébert, Armandine Siess, Rémy Besson et Martin Bonnard
MARDI 13 MAI —17:10 à 18:25
Parce qu’ils travaillent à mettre en valeur les films, produisent des contenus d’accompagnement et aident les publics à acquérir une expertise spectatorielle, les organismes culturels actifs dans la diffusion du cinéma participent non seulement à la circulation des films (Besson et Bonnard 2024) ; ils contribuent également à une plus générale éducation au cinéma en tant que bien commun, mettant de l’avant le rôle de celui-ci au sein de la société.
La coopérative spécialisée dans le cinéma documentaire Tënk.ca propose une sélection de documentaires de création, un type de films généralement absent des grandes plateformes de diffusion en continu. L’offre de vidéo à la demande de VUCAVU se veut proche des milieux de pratique en art médiatique. L’Association des cinémas parallèles du Québec travaille quant à elle à la formation et la mobilisation des publics à travers son réseau national de ciné-clubs. La discussion s’articulera autour de trois axes : la diffusion des films de création, le lien avec le milieu audiovisuel et le développement des publics. Les trois invitées seront à même de porter un regard sur le temps long des mutations de la distribution du cinéma, mais aussi d’évoquer des initiatives récentes de développements des publics et d’éducation au cinéma.
Au-delà des enjeux entourant la privatisation des communs culturels (Pélissier 2018), nous suivrons les perspectives ouvertes par les études décoloniales et en particulier la notion de buen vivir (Miño Puga 2023 ; Paradies 2020 ; Merino 2016) pour évoquer l’aspect local, l’importance des communautés et les nouvelles possibilités d’émancipation offertes par la médiation du cinéma. Alors que semble se refermer la parenthèse techno-utopique (aussi bien sociale, politique que culturelle)(Prévost 2024), cette ouverture vers d’autres manières de penser le rôle de la culture nous permettra d’explorer comment le cinéma peut œuvrer à la (re)construction des liens au sein de la société, ainsi qu’à l’exploration de nouvelles formes de vivre ensemble.
En dialogue avec Rémy Besson (Université de Montréal) et Martin Bonnard (Université du Québec à Montréal).
Besson, Rémy, et Martin Bonnard. 2024. « L’éducation au cinéma par l’entour des films : paratexte et machinerie ». Nouvelles vues, no 2324, 121.
Merino, Roger. 2016. « An Alternative to ‘Alternative Development’?: Buen Vivir and Human Development in Andean Countries ». Oxford Development Studies 44 (3): 27186. https://doi.org/10.1080/13600818.2016.1144733.
Miño Puga, María Fernanda. 2023. Ecuadorian Cinema for the 21st Century. Cham: Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-031-40989-9.
Paradies, Yin. 2020. « Unsettling Truths: Modernity, (de-)Coloniality and Indigenous Futures ». Postcolonial Studies 23 (4): 43856. https://doi.org/10.1080/13688790.2020.1809069.
Prévost, Thibault. 2024. Les prophètes de l’IA: pourquoi la Silicon Valley nous vend l’apocalypse. Futur proche. Montréal: Lux Éditeur.
Naomie Décarie-Daigneault est titulaire d’une maîtrise en recherche-création en média expérimental et d’un baccalauréat en cinéma de l’UQAM. Fascinée par toutes les formes des cinémas du réel, elle a cofondé la plateforme de diffusion Tënk.ca, dont elle assure la codirection et la direction artistique depuis. Engagée dans son milieu, elle a siégé pendant cinq ans sur le conseil d’administration de Réalisatrices Équitables, militant pour la parité en réalisation, et s’implique actuellement auprès du FIFEQ et de Panorama-Cinéma. Elle développe en parallèle une pratique documentaire dans laquelle elle s’intéresse à la construction de l’identité – entre déterminismes et libertés -, à l’intériorité, au féminisme et à la psychanalyse. Elle travaille actuellement sur son long métrage, Petit Pois.
Jacquelyn Hébert est une artiste multidisciplinaire qui s’intéresse aux récits historiques et culturels. Dans ses œuvres, elle aime explorer l’espace entre nos attentes culturelles et la réalité de l’expérience vécue. Elle travaille principalement avec l’artisanat, la photographie, la sculpture, l’installation et la réalisation de films, et son approche artistique mêle souvent l’éphémère et le fait main. Elle travaille dans le domaine de la gestion des arts et de l’éducation artistique depuis 2005, notamment au département des beaux-arts de l’Université Concordia, au centre d’écriture de l’ECUAD, au Conseil des arts du Manitoba et au Winnipeg Film Group, pour n’en nommer que quelques-uns. Elle est actuellement directrice générale de VUCAVU.com, une plateforme de diffusion en continu de films et de vidéos canadiens indépendants et de programmation artistique en ligne.
Armandine Siess est actuellement directrice de l’Association des cinémas parallèles du Québec. Elle navigue depuis 25 ans dans les domaines socioculturels. Elle s’implique depuis toujours au sein d’organismes œuvrant notamment auprès de personnes vulnérables et travaillant à l’accessibilité et l’appropriation des œuvres par un large public. Convaincue que l’éducation et la culture sont des vecteurs majeurs de transformation sociale, elle a exploré dans son parcours divers secteurs d’activités comme l’édition jeunesse, l’éducation à l’image ou encore l’éducation populaire en milieu communautaire. Elle est enfin une bénévole engagée et siège sur divers conseils d’administration à l’école secondaire publique de ses enfants ainsi que dans une coopérative de solidarité en environnement de 2020 à 2024.
Rémy Besson est chargé de cours à l’Université de Montréal, membre du laboratoire CinéMédias et coordinateur scientifique du partenariat international sur l’histoire de la technique au cinéma TECHNÈS. Il a soutenu un doctorat en histoire à l’EHESS (Paris). Il a été chercheur postdoctoral du Centre de Recherches Intermédiales sur les arts, lettres et techniques (CRIalt, Montréal, 2012-14) où il a travaillé sur le projet international Archiver à l’époque du numérique, puis au LLA-CREATIS (Toulouse II, 2014-15) où il a poursuivi ses travaux sur l’intermédialité. Spécialiste reconnu des rapports entre archives, histoire et cinéma à l’ère du numérique, il anime le carnet de recherche Cinémadoc.
Martin Bonnard est professeur associé à l’École des médias de l’Université du Québec à Montréal, directeur adjoint de la revue Cinémas et membre du labdoc. Il est spécialiste de la diffusion en ligne du cinéma. Après un doctorat en communication (UQAM/Concordia/Université de Montréal), il a effectué un postdoctorat au département d’histoire de l’art et des études en communication de l’Université McGill (FRQSC 2021-2024). Sa thèse traite de l’actualisation de l’expérience cinéma par les catalogues cinéphiles de vidéo par abonnement. Il travaille sur la circulation et la matérialité des images en mouvement dans une approche liant les études cinématographiques et médiatiques.