Colloque international
Montréal – 12, 13 et 14 mai 2025

Valérie Paquet

MARDI 13 MAI — 10:55 à 11:10

Les pratiques artistiques écoféministes pour penser la pluralité des savoirs 

Les dérèglements climatiques constituent désormais une question sociétale omniprésente (Juanals, 2019) et, suivant cette tendance, les défis écologiques inspirent et transforment les pratiques artistiques contemporaines (Paquet et ARTENSO, 2021). De ce fait, de plus en plus d’artistes au Québec et à l’international se réclament d’une sensibilité écologique et ancrent leurs pratiques multidisciplinaires autour des relations individuelles et collectives avec le vivant (Ardenne, 2018). La recherche explore d’autres façons de communiquer sur les changements climatiques que les discours scientifiques classiques grâce à l’étude de femmes artistes s’identifiant au courant de l’art écoféministe.  

À partir d’une approche ancrée dans le champ de la communication environnementale, cette proposition ambitionne à arrimer la philosophie du buen vivir et les démarches artistiques écoféministes. Elle propose de réfléchir à des manières plus sensibles de penser la création de savoirs et la diffusion de la recherche scientifique. En ce sens, les pratiques artistiques offrent un immense potentiel pour démanteler les structures hiérarchiques de la connaissance, tout en donnant la possibilité de créer de nouvelles subjectivités, aussi bien individuelles que collectives. L’art, vécu comme activité relationnelle, ouvre des potentialités d’amener de réels changements comportementaux (Bruce, 2015) et participe à réenchanter le monde (Federici, 2022).  

La communauté d’artistes rencontrée dans le cadre de la recherche œuvre à restaurer notre lien au vivant, tout en interrogeant la qualité de nos relations avec celui-ci. Leur démarche artistique, orientée vers l’émergence de « savoir incarné » (Hert, 2014), encourage la transgression de la figure traditionnelle de l’expert. Cette communication sera l’occasion de dévoiler la présence d’un « artivisime » spécifique aux pratiques artistiques écoféministes et d’explorer comment ces pratiques dialoguent avec des éléments centraux du buen vivir, pour transformer nos manières d’être avec et dans le monde. 

Bibliographie

Ardenne, Paul. (2018). Un art écologique: création plasticienne et anthropocène. Le Bord de l’eau. 

Bruce, Marcelle. (2015). Action artistique et Buen Vivir : pour la construction de sociétés solidaires. Filigrane. Musique, Sons, Esthétique, Société, (19). https://doi.org/10.4000/12i6u 

Federici, Silvia. (2022). Réenchanter le monde: féminisme et politique des communs. Entremonde. 

Hert, Philippe. (2014). Le corps du savoir : qualifier le savoir incarné du terrain. Études de communication. langages, information, médiations, (42), 29‑46. https://doi.org/10.4000/edc.5643 

Juanals, Brigitte. (2019). Les changements climatiques, une question incommunicable dans l’espace public ? Vers une communication écologique. Hermès, La Revue, 84(2), 134‑139. https://doi.org/10.3917/herm.084.0134 

Paquet, Valérie et ARTENSO. (2021). Culture et transition socioécologique. L’art de l’urgence : conjuguer pratique des arts et pratiques écologiques. 


Valérie Paquet est étudiante au doctorat en communication, concentration en études féministes, à l’UQAM. Son travail doctoral s’inscrit dans le champ d’études en communication environnementale et privilégie une approche écoféministe dans laquelle les expériences sensibles et artistiques sont abordées comme des lieux d’émergence des savoirs. Elle a publié en 2021 un rapport de recherche avec ARTENSO sur l’arrimage entre pratiques artistiques et transition socioécologique. Elle est membre étudiante de l’Observatoire des médiations culturelles (OMEC), de l’Institut de recherche en études féministes (IREF) et de l’Atelier de chronotopies urbaines (ACU-UQAM). 

À propos

Le colloque est organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l'information et la société (CRICIS)