Colloque international
Montréal – 12, 13 et 14 mai 2025

Charlet Brethomé

MARDI 13 MAI —9:45 – 10:00

Faire la fête au terrain vague d’Hochelaga : expérimenter et faire commun  

Quels sont les espaces, les temporalités, les modes d’organisation dans lesquels nous ressentons, expérimentons et partageons ces sensations de faire commun, de participer à la constitution d’un commun ? 

Cette présentation cherche à explorer la manière dont les fêtes undergrounds font communs (ou non) avec les vivants et non vivants qui peuplent, traversent, et occupent le terrain vague d’Hochelaga Maisonneuve. Ce lieu est aujourd’hui au cœur de conflits d’usages entre la multiplicité des pratiques locales plus ou moins marginalisées qui y ont lieu et qui s’agrègent autour d’une mobilisation citoyenne (mobilisation 6600) et l’installation d’une vaste zone logistique affiliée au port de Montréal (Chénier et Bélanger, 2024). Les fêtes autant que le terrain vague où elles ont lieu permettent, favorisent et accueillent des pratiques de « commoning » (Poteete et al., 2021; Bollier et Helfrich 2019; Starvides, 2016). 

Ainsi, depuis une ethnographie menée dans les fêtes techno undergrounds montréalaises et sur le terrain vague d’Hochelaga, d’observation, de participations et d’entrevues semi-dirigées, cette présentation explore les processus par lesquels ces communs-en-train-de-se-faire sont représentés, s’organisent, se négocient, prennent consistance, mais aussi sont contraints et altérés par des dynamiques de pouvoir internes et externes. Cette excursion auprès des fêtes au terrain vague d’Hochelaga montre que la tragédie des communs n’est peut-être pas son épuisement matériel (Hardin, 1968) ou sa fragmentation dans le social (Kornberger et Borch, 2015), mais plutôt sa nécessaire impossibilité et éphémérité. 

Bibliographie

Aguado, V., Buey, R. del et Labelle, B. (2024). Party Studies, Vol. 2. Underground clubs, parallel structures and second cultures. Errant Bodies Berlin. 

Aguado, V., LaBelle, B. et Buey, R. del. (2021). Party studies. Volume 1: home gatherings, flat events, festive pedagogy and refiguring the hangover. Errant Bodies Press ; Amee. 

Ambrosino, C. et Guillon, V. (2018). Œuvrer en commun: Le « nouveau monde » des politiques culturelles et urbaines. L’Observatoire, N° 52(2), 13-16. 

Bakhtin, M. M. (Mikhail M., Robel, A., Rabelais, F. 1494?., Robel, Andrée. et Rabelais, F. environ 1490-1553?. (1970). L’oeuvre de Francois Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sous la Renaissance. Gallimard. 

Bertacchini, E., Bravo, G., Marrelli, M. et Santagata, W. (dir.). (2012). Cultural commons a new perspective on the production and evolution of cultures. E. Elgar. 

Bollier, D. et Helfrich, S. (2019). Free, Fair, and Alive: The Insurgent Power of the Commons 

(Unabridged edition). New Society Publishers. 

Borch, C. et Kornberger, M. (dir.). (2015). Urban commons: rethinking the city. Routledge, Taylor & Francis Group. 

Chénier, J.-F. et Bélanger, Y. (2023). Résister et fleurir. Écosociété. 

Duvignaud, J. (2007). Le don du rien: essai d’anthropologie de la fête. Téraèdre. 

Fiorentino, P., Napoli, U. L., Friel, M., Milano, I., Marrelli, M. et Santagata, W. Community based Cultural Commons. Department of Economics, University of Turin, Italie. 2010. 

Goodman, S. (2010). Sonic Warfare – Sound, Affect, and the Ecology of Fear. The MIT press. Guibert, G. (2016). La scène comme outil d’analyse en sociologie de la culture. 

L’Observatoire, 47(1), 17-20. 

Hardin, G. (1968). The Tragedy of the Commons: The population problem has no technical solution; it requires a fundamental extension in morality. Science, 162(3859), 1243-1248. 

Jesi, F. (2008). La fête et la machine mythologique ( F. Vallos, trad.). Éditions Mix. Les soulèvements de la terre. (2024). Premières secousses (La Fabrique édition). 

Mattoug, C., Kunysz, P., Maillochon, J. et Piddiu, L. (à paraitre). “Friches à défendre” De l’imaginaire de liberté au développement de la capacité d’agir dans la défense des friches urbaines

Mazurel, H. (2024). Le monde à l’envers. Sensibilités – histoire, critique et sciences sociales, 13, 9-18. 

Poteete, A. R., Luka, N., Badra, C. et Samoylenko, V. (2021, 10 août). Occupying, Caring for, and Commoning Urban Public Space in Montréal’s Champ des Possibles. Urban Commons Virtual Conference of the International Association for the Study of the Commons,. https://www.youtube.com/watch?v=6N5R2UN7X5o 

Stavrides, A. P. S. et Angelis, P. M. de. (2016). Common Space: The City as Commons. Zed Books Ltd. 

Straw, W. (1991). Systems of articulation, logics of change: Communities and scenes in popular music. Cultural Studies, 5(3), 368-388. 

Susser, I. et Tonnelat, S. (2013). Transformative cities. Focaal, 2013(66), 105-121 


Charlet Brethomé est candidat au doctorat en communication à l’Université du Québec à Montréal. Il est également chercheur à l’Atelier de Chronotopie Urbaine (ACU) et au Centre de recherches interdisciplinaires en études montréalaises (CRIEM). Ses recherches explorent l’articulation entre les fêtes undergrounds EDM montréalaises et le terrain vague d’Hochelaga Maisonneuve. Il examine comment des scènes musicales occupent ce lieu tout en communiquant, négociant, se cachant les autres vivants et non vivants qui le peuplent. Il enseigne également au bac d’action culturelle à l’UQAM et en licence d’études culturelles à l’Université de Lille. Il est aussi DJ et organisateurs de fêtes à Montréal et ailleurs.  

À propos

Le colloque est organisé par le Centre de recherche interuniversitaire sur la communication, l'information et la société (CRICIS)